Huschang Rezaie
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Huschang Rezaie-Sarjoie est né en 1957 à Kermanshah, une ville de l’ouest de l’Iran.
Prenant la décision en janvier 1980, à l’âge de 23 ans, de quitter son pays afin de poursuivre ses études en France, c’est en Normandie qu’il se retrouve tout d’abord… Il ne connaît pas un mot de la langue française. Son premier travail sera donc de l’apprendre, ce qu’il fera à l’Université de Caen.
Voyageant à travers ce nouveau pays, il découvre la lumière et le soleil du sud et s’établit dans la région de Montpellier, puis à Aix-en-Provence et enfin en Avignon où il entame alors des études à l’école d’architecture.
À cette époque, la sensibilité artistique d’Huschang Rezaie est encore d’essence principalement persane :
« Dans la culture persane, la poésie est très présente. Davantage qu’ailleurs dans le monde, depuis toujours elle est au cœur de la vie quotidienne des Iraniens.J’étais donc, comme de nombreuses personnes, très sensible aux grands poètes traditionnels persans, comme Rûmî, Khayyâm, Hâfez, Saâdi, Attâr, …
J’ai continué depuis mon arrivée en Occident à garder un lien avec cet aspect de ma culture et j’ai découvert par la suite des poètes plus contemporains comme Sohrâb Sepehri, Nimâ Youshidj, Houshang Ebtehâj, la poétesse Forough Farrokhzâd, etc…
En toute logique, je ne pouvais que m’intéresser à l’art de la miniature persane, à la calligraphie et à la musique traditionnelle iranienne qui ont un lien étroit avec la poésie qu’ils illustrent. »
De fait, Huschang pratique (et encore aujourd’hui) la musique traditionnelle de son pays et joue du zarb, du daf et du setâr et l’on peut dire que la poésie persane fait partie de son quotidien.
La peinture, un choix raisonné
Toutefois, le jeune étudiant en architecture se passionne de plus en plus pour les arts plastiques et finit par mettre le cap sur de nouveaux horizons en s’inscrivant à l’école des Beaux Arts où la diversité et la grandeur de l’art occidental se révèlent à lui.
Il s’ouvre à une nouvelle culture qui enrichit son regard sur le monde et initie une mutation profonde de son être artistique.
Pour inéluctable qu’il apparaisse déjà, son choix final pour l’expression picturale ne se fera cependant pas d’un coup.
«Passionné d’un côté par l’aspect concret, rationnel de l’architecture et de l’autre côté par l’aspect créatif, sensible, irrationnel de l’art, j’ai à un moment choisi d’arrêter les Beaux Arts pour me réorienter vers l’Ecole des Arts Décoratifs de Limoges où je me suis s’inscrit en section environnement (design).»
Cette école où il découvrira parallèlement l’art du feu, du modelage et de la décoration de la céramique, de la porcelaine, lui permettra de faire le lien entre esthétique, créativité et contraintes formelles et techniques liées à la création objets usuels dont la finalité demeure utilitaire …
Au bout de deux ans, se consacrer exclusivement aux arts plastiques est un appel auquel il ne peut se soustraire.
Nouveau virage en direction de l’école des Beaux Arts d’Avignon où il obtiendra son diplôme en 1989.
Chagall, le premier « maître », Tapiès « le passeur »
C’est peut-être à partir de ce moment qu’Huschang Rezaie va construire les fondations de ce qui fait aujourd’hui la singularité de son travail pictural caractérisé par une fusion subtile, à peine perceptible mais bien réelle, de la plus pure tradition persane et des tendances majeures de l’art occidental du XXème siècle.
Dès ses deux premières années passées aux Beaux Arts, il s’est passionné pour la peinture de Chagall.
« Chagall fut le premier à influencer ma peinture.
Je me sentais très proche de ce peintre, du fait de son origine étrangère et de la manière dont celui-ci mettait en images et en couleurs son histoire d’émigré oriental.
Je percevais en lui une sensibilité commune à la mienne.
J’ai donc, sous cette influence, commencé par développer à ma manière, l’art de la miniature persane basée sur l’illustration de poèmes, en l’ouvrant aux codes, au langage de l’art occidental moderne »
Une gestation est en cours.
C’est notamment sous l’influence d’Antoni Tapiès que cette transformation — en fait une mutation claire et nette vers l’abstraction va s’opérer. Tapiès, lui faisant non seulement découvrir les chemins de l’art abstrait, l’utilisation de nouveaux matériaux mais aussi une philosophie de l’art basée sur la simplicité, l’espace, la recherche de la pureté à la lumière d’une intense réflexion personnelle proche de la méditation.
Hartung et Zao Wou-ki
Hans Hartung et Zao Wou-ki joueront leur propre rôle par la suite :
« La découverte de Hans Hartung a enrichi mes connaissances.
Grâce à lui mon geste s’est libéré et ce fut un changement significatif dans ma façon de travailler. »
L’œuvre de Zao Wou-ki portera Huschang Rezaie à la rencontre de tout un univers et plus particulièrement de la calligraphie chinoise qui l’incitera à intégrer à ses toiles ce qu’il appelle des « gestes calligraphiques ».
« Avec Zao Wou-ki, j’ai été poussé vers une interprétation poétique de la nature et une recherche tendant à la quête du néant, à l’ouverture vers l’infini, l’immensité d’un monde inconnu de moi-même. »
On peut dire qu’à cette époque, la peinture d’Huschang Rezaie garde encore des liens, même ténus, avec une certaine « figuration », ne serait-ce que par la rémanence, dans son expression, de ces « gestes calligraphiques » qu’il répugne, un temps, à faire totalement disparaître de la toile.
Ces traces disparaîtront cependant progressivement pour faire place à un espace poétique exempt de toute inscription ou écriture, devenues trop significatives. Le vide, l’espace, la profondeur, la couleur se suffisant à présent à eux-mêmes pour « faire sens ».
Ayant trouvé son propre langage, Huschang Rezaie se définit lui-même aujourd’hui comme « Un abstrait lyrique en recherche d’une interprétation poétique de l’espace ».
Une nécessaire vacuité
D’un point de vue technique, il utilise la plupart du temps de la peinture à l’huile sur toile, procédé qui lui paraît le plus à même d’obtenir le rendu recherché au niveau de la couleur et de la matière.
Une recherche approfondie lui a permis de mettre au point une technique personnelle grâce à laquelle il est en mesure de mettre en évidence la richesse des contrastes, la transparence et l’opacité de la matière.
À l’heure actuelle, il utilise des éléments universels tels que la couleur du désert, de la brume, comme source d’inspiration et, à ce titre, on peut dire que sa culture, ses références personnelles y trouvent place mais sans avoir de prévalence particulière.
Mais la technique n’est pas ce qui est prépondérant dans l’approche, la « compréhension » de la peinture de Huschang Rezaie.
C’est, tout comme pour Tapiès ou Zao Wou-ki, la dimension spirituelle, le travail intérieur :
« Je travaille toujours dans le silence le plus complet, la sensation de vacuité est nécessaire à mon inspiration.
Je ne cherche jamais à représenter quelque chose de particulier, de réfléchi, rien n’est préparé à l’avance.
C’est le geste prenant sa source dans cet espace intérieur vide et silencieux qui va petit à petit exprimer une part de mon inconscient.
Je vis l’acte créateur à la recherche d’un espace poétique, sans limites, ouvert à de multiples possibles, provoquant en moi une émotion vertigineuse dans laquelle je me sens minuscule, microscopique au sein de l’infiniment vaste. »
Émotion dans laquelle il souhaite nous entraîner en nous donnant à voir sa peinture.
Transmettre
Huschang Rezaie ne fait pas partie de ceux qui pensent que la peinture est un art moribond…
Loin s’en faut.
Mettant à profit certaines connaissances acquises sur les bancs des écoles d’art et par ses recherches personnelles, il a choisi depuis plus de vingt ans de transmettre ce savoir, mais surtout cette passion, à travers l’enseignement de la peinture, du dessin et de la sculpture dans différents établissements et plus particulièrement au sein des ateliers de l’association « Pigment Rouge » d’Avignon.
Au cours du temps, il a pu élaborer une méthode pédagogique centrée sur la personnalité de chacun des élèves, permettant à celui-ci d’exploiter le potentiel créatif propre à sa sensibilité individuelle, à son histoire personnelle.
« Pour moi les cours ne sont pas qu’un lieu d’apprentissage, ce sont des lieux d’échange, de contact humain.
L’ambiance y est chaleureuse, amicale, le débat est ouvert en permanence sur l’art, la littérature, le cinéma, c’est très enrichissant pour moi et tous les participants.
Chaque élève arrive avec un bagage culturel et des attentes différentes, cela m’oblige à me remettre en permanence en question et à garder un regard ouvert sur l’évolution de l’art dans le monde pour pouvoir satisfaire à cette demande. »
Céret, octobre 2013
Joël Mettay (Editions Alter Ego) extrait du LIvre sur le parcours artisitique d'Huschang Rezaie " PLus loin que nulle part"
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